MAAGM et l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) lancent PLANETES, un laboratoire commun dédié à l’instrumentation géophysique de très haute précision. Sélectionné et financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre du programme LabCom 2026, il réunit nos équipes pour développer des instruments mécano-optiques destinés aux missions spatiales comme à l’observation de la Terre.
Un laboratoire commun soutenu par l’ANR
PLANETES signifie « Photonique, électronique et mécanique pour une nouvelle exploration de la Terre et du Système solaire ». Le projet est porté par l’IPGP, en lien étroit avec son équipe Planétologie et sciences spatiales et le service national d’observation en sismologie planétaire.
Le programme LabCom de l’ANR soutient la création de laboratoires communs entre un organisme de recherche public et une entreprise. Pour MAÅGM, cette sélection donne un cadre durable à la collaboration engagée avec l’IPGP, avec une capacité de recherche et développement pérenne dédiée à l’instrumentation.

photo : IPGP – Équipe MAÅGM et IPGP lors de l’intégration d’un premier prototype de sismomètre lunaire.
Des instruments pour la Lune, Mars et les lunes glacées
L’IPGP a conçu le sismomètre SEIS de la mission martienne InSight, puis mené des développements pour les missions lunaires Farside Seismic Suite et South Pole Seismic Suite. PLANETES s’appuie sur cette expérience pour préparer les instruments des prochaines missions d’exploration planétaire.
Les travaux porteront sur de nouvelles mesures : rotations, déformations et gradiométrie. À plus long terme, ces technologies pourront servir à des détecteurs d’ondes gravitationnelles sur la Lune ou à l’étude des lunes glacées du Système solaire.
Un socle technologique commun
Le laboratoire ne se limite pas à une mission spatiale. Il repose sur trois briques technologiques :
- l’interférométrie ultra-résolue
- des oscillateurs mécaniques à très faible bruit
- des électroniques stables et spatialisables.
Les méthodes, les bancs de caractérisation et les prototypes développés pourront ensuite être utilisés par d’autres équipes de l’IPGP. MAÅGM apporte son savoir-faire en photonique, en mécatronique et en industrialisation, pour faire passer ces instruments du prototype à la production.
Sur Terre, des capteurs au service de la prévention des risques naturels
Les technologies développées pour l’espace trouveront aussi des applications terrestres. Les équipes de sismologie et de géosciences marines de l’IPGP, ses observatoires volcanologiques et sismologiques ainsi que l’observatoire Géoscope participeront à la définition des besoins et à la qualification des instruments.
Les applications envisagées comprennent :
- la mesure des rotations du sol
- l’amélioration des observations sismiques sous-marines, grâce à la correction des effets d’inclinaison
- la surveillance des failles et des volcans
- le déploiement de capteurs en environnements extrêmes.
Le laboratoire commun s’appuie aussi sur des outils déjà éprouvés. L’interrogateur optique LOKI, mis au point par l’ESEO et MAÅGM lors de projets menés avec l’IPGP, équipe aujourd’hui les observatoires de l’Institut. PLANETES contribuera à inscrire ce type de technologie dans la durée.
Vers une filière française d’instrumentation géophysique
PLANETES réunit l’expérience de l’IPGP sur l’ensemble du cycle de développement des instruments spatiaux et les compétences industrielles de MAÅGM . Les deux partenaires souhaitent ainsi transformer des projets ponctuels en une filière française structurée d’instrumentation géophysique de haute précision.
Pour Sébastien de Raucourt, chef de projet à l’IPGP, l’expertise optique de MAÅGM répond à un besoin de l’Institut. Le développement de débouchés au-delà de la planétologie permet aussi de consolider l’écosystème autour du sismomètre lunaire haute performance.
« Travailler avec l’équipe qui a conçu et opéré un sismomètre sur Mars nous permet de proposer des capteurs géophysiques nouveaux pour mieux prévenir les risques naturels sur Terre. » – Frédéric Guattari, fondateur de MAÅGM
Ce laboratoire commun prolonge la mission que s’est fixé MAÅGM : utiliser la lumière pour mieux voir la Terre, et demain d’autres planètes.